Rare lieu genevois disposant encore des moyens techniques pour projeter en 35 mm, la Maison Saint-Gervais aime à se replonger dans ce son et cette image unique, le tout enveloppé par le ronronnement du projecteur.
Entrée libre (réservation conseillée)
Samedi :
- 14h-16h39
La Danse (159′) - 17h30-19h30
Iberia (120′) - 20h-21h37
Bande à part (97′)
Dimanche :
- 14h-17h04
Kal Ho Naa Ho (184′) - 18h-19h29
Heavenly Bodies (89’) - 20h00-22h20
Dancer in the Dark (140′)
Décédé le 16 février dernier, l’américain Frederick Wiseman a révolutionné le film-documentaire. Sans effets didactiques(il n’utilise par exemple pas de voix-off), ses productions nous plongent, par leur longueur et leur point de vue, au plus près des univers qu’il filme. LA DANSE s’inscrit dans sa série de projets se déroulant dans un lieu culturel – et le travail qui y est effectué – permettant au spectateur d’imprégné de l’atmosphère de l’endroit. Wiseman dissèque son sujet pour en retenir la substantifique moelle, livrant des scènes d’anthologie, dansées ou parlées, dont l’ensemble, tel un ballet, retire le superflu pour ne conserver que l’essentiel.
Carlos Saura, au-delà de ses superbes drames, s’est régulièrement penché sur les films de danse. Après plusieurs œuvres consacrées au flamenco, il livre une production entièrement dédiée à une unique pièce musicale classique de la musique ibérique (comme son nom le précise), hommage à l’Andalousie. Le plus remarquable, c’est qu’il s’agit d’un vrai projet cinématographique et non d’une mise en images d’un plateau scénique. On sent le vrai amour d’un auteur pour sa culture et son plaisir de la faire partager. Saura est d’ailleurs le témoin le plus brillant de l’évolution de l’Espagne culturelle, politique et sociale des années 1950 à 2020. Avec IBERIA, il offre comme un best-of de son art.
Jean-Luc Godard, comme la plupart de ses collègues de la Nouvelle vague, aime le cinéma noir américain. Hommage, dans le fond et dans la forme (petit budget), à ce style cinématographique, BANDE À PART, inspiré par un très bon roman de Dolores Hitchens, lui permet de faire un état des lieux de la présence de cette culture en France. Est-ce le virus des clichés du cinéma américain ou, simplement, l’envie de liberté propre à l’époque qui fait vibrer ses protagonistes ? Quoiqu’il en soit, si BANDE À PART mérite sa présence dans un cycle consacré à la danse, c’est bien parce qu’il contient l’une des meilleures scènes du genre, souvent imitée mais jamais égalée.
Le début des années 2000 a vu une émergence de films indiens renouant avec la trempe des classiques de Bollywood. Dans le lot, KAL HO NAA HO assoit surtout la célébrité de l’acteur Shahrukh Khan qui symbolise à lui seul ce retour à la qualité. Le cinéma indien de ces années-là joue avec ses propres clichés et transforme un mélo vintage en comédie dramatique universelle. Passant avec légèreté entre le rire et les larmes, le film arrive sans peine au niveau des meilleures comédies musicales d’un Minnelli ou d’un Demy. Les amateurs de kitsch devront désenchanter, mais les amateurs de poignantes comédies dramatiques seront aux anges.
Réponse canadienne à FLASHDANCE, HAEVENLY BODIES est l’un des films cultes des années 1980 sur l’aérobic. Le Ciné-Club de la Maison Saint-Gervais continue ainsi son exploration de ce sous-genre (après la diffusion de PERFECT l’année passée) qui n’engendre pas la mélancolie. Outre l’investissement de Cynthia Dale, l’actrice principale, dans un rôle aussi physique que les macho-men de cette époque (Stallone, Schwarzenegger etc.), HAEVENLY BODIES est avant tout un film rythmé ne relâchant pas la pression. Un vrai film d’action au sens propre du terme, y compris avec son scénario souvent simpliste et décousu malgré lui.
Il faut reconnaître que dans les ambitions diverses de Lars von Trier pour donner des coups de poing aux motifs cinématographiques, sa révolution des mélodrames est une réussite. Quatre ans après l’étourdissant BREAKING THE WAVES, DANCER IN THE DARK transcende à nouveau les conventions du genre. Revenant à l’essentiel du cinéma (par l’image, le jeu des acteurs, le montage et le son), von Trier épure son film au maximum afin de renforcer chaque émotion. Mais cette fois-ci, contrairement à ses précédents films qu’il dominait de son auteurisme, il s’ouvre à l’univers de la chanteuse Björk. Sans elle, bien sûr, le film n’aurait pas été si simplement beau et si brillamment musical.
Bar et petite restauration
| Gratuit (sur réservation) | Gratuit |